Culebra - Jalisco

TravelPics.fr, 01 février 2010

Mexicaña – Danses folkloriques mexicaines au Grand Rex et en tournée

Du 19 au 31 janvier 2010, c’est toute la ferveur de la fiesta mexicaine qui envahit le Grand Rex à Paris avant de partir en tournée dans toute la France. Ce sont pas moins de 20 danseurs, accompagnés de 10 musiciens mariachis qui ont fait le déplacement depuis Mexico pour se produire devant le public européen. Ils sont dirigés par Viviana Sanchez, directrice de la Compagnie Azteca Ballet de Mexico et chorégraphe mondialement célèbre.

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Bien que la compagnie réside en Espagne, la majorité des artistes de cette dernière sont mexicains et ont fait partie des plus importantes compagnies de danse du Mexique. Citons ainsi le Ballet Folklorique d’Amalia Hernandez, le Ballet de l’Université de Veracruz ou encore le Ballet de l’Université de Guadalajara. L’univers artistique de la compagnie représente bien toute la diversité des folklores mexicains, dans une riche union toute naturelle, tant ces danses partagent les mêmes racines artistiques.

S’agissant de manifestations culturelles très variées et différentes d’une région à l’autre, une sélection a été faite pour présenter les danses les plus représentatives de l’ensemble du territoire mexicain. Elles nous permettent de nous faire une idée de ce que sont les coutumes des habitants, leurs fêtes et leurs divinités.

Le déroulement du spectacle ne tient pas compte de la chronologie étant donné que les folkloresexistent toujours et que les cultures indigènes d’aujourd’hui continuent de se développer, parallèlement aux cultures modernes.

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Les costumes utilisés ont été confectionnés avec des tissus authentiques et leurs dessins n’ont été que légèrement modifiés par rapport aux originaux pour leur adaptation sur scène.

Au sein de la troupe qui se produit en ce moment en France, on trouve ainsi de la danse classique, de la danse folklorique ainsi que du flamenco. Un des danseurs est un “zapateado”, c’est à dire un danseur spécialisé en danse avec le pied. D’autres sont desdanseurs acrobates et sont considérés au Mexique comme des sportifs. L’un d’eux est même spécialisé en spectacles de “charros”, ces cowboys mexicains qui aiment jouer avec leur lasso.

Du côté des musiciens, impossible de ne pas parler de José Garita, arrangeur et directeur du Mariachi, ce groupe de musiciens traditionnels qui met le spectacle Mexicaña en musique. Il a fait partie des meilleures Mariachis du Mexique, comme le Mariachi Cobre, le Soleil de Mexico ou encore le Mariachi Vargas. Il a fini par créer son propre mariachi, qui interprète magistralement les arrangements créés spécialement pour le spectacle, adapté aux goûts européens.

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C’est donc autour de Viviana Sanchez que s’articule tout ce petit monde déjà bien marqué. Diplômée en arts, elle-même travaille dans le monde de la danse folklorique mexicaine depuis l’âge de 7 ans. Avant d’être directrice et chorégraphe de la Compañia de Mexico, elle fut danseuse. Elle a ainsi dansé dans le ballet folklorique de l’Université de Veracruz avant de devenir danseuse soliste au ballet folklorique de Mexico d’Amalia Hernandez, rien que ça! Depuis quelques années, sont rôle l’amène à développer et interpréter des spectacles présentés en Espagne, en France, en Allemagne et en Suisse. C’est donc tout naturellement que cette nouvelle création arrive en France sous le nom de Mexicaña.

On l’a dit, les traditions et coutumes mexicaines représentées sur scène en France ont été adaptées pour les goûts du public hexagonal. Ainsi, des éléments de danse contemporaine ont été inclus au spectacle. Ces influences sont imperceptibles aux yeux du non-initié, mais Viviana Sachez a confié à TravelPics aimer étudier les folklores du monde entier et s’en inspirer dans ses créations grâce au talent de ses danseurs.

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Pour cette version française, des efforts ont été réalisés du côté des éclairages notamment. La représentation à laquelle nous avons assisté en avant-première n’était malheureusement pas tout à fait au point de ce point de vue là. Rappelons tout de même que le Grand Rex n’est pas un théâtre à proprement parler. Construit comme une salle de cinéma en 1932, il n’a pas été prévu pour accueillir de telles représentations vivantes. Toutefois, la direction actuelle de ce monument historique a ouvert la programmation d’une des plus belles salles parisiennes à de nombreux spectacles, festivals et autres one-man-shows. On a ainsi pu y assister au Festival Jules Verne ou encore à la Nuit des Publivores. Sa scène offre en effet un espace suffisant pour de telles manifestations, mais c’est du côté des coulisses qu’il faut regarder pour comprendre les contraintes posées par le Grand Rex dans le cas d’un spectacle de danse avec autant de costumes.

Dans un théâtre classique, les performers ont en effet la possibilité de se changer sur les côtés de la scène afin de faire vite. Au Grand Rex, il n’y a pour ainsi dire pas de place sur scène en dehors de ce qui est visible des spectateurs. Quant aux loges, elles sont deux étages plus bas et accessibles uniquement via des escaliers très peu larges. Impossible donc pour les danseurs de s’y rendre pour changer de costume. La troupe de Mexicaña a donc dû s’installer dans les recoins de la scène, ce qui ne s’est pas remarqué un seul instant lors de la représentation.

On a toutefois senti un manque de répétitions lors de cette avant-première à laquelle nous avons assisté. A n’en pas douter, la spectacle est maintenant rodé, l’expérience des artistes présents faisant foi. Dommage pour les personnes ayant assisté au spectacle parmi les premiers, certaines petites fautes ayant été commises. Finalement, le plus gros problème de Mexicaña réside ailleurs. C’est un spectacle de danse, mais ces dernières ne sont pas introduites à leur juste valeur aux spectateurs.

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On apprend ainsi dans le programme, vendu aux spectateurs pour 6€, l’origine des danses et des chorégraphies présentées, ainsi que leur signification. Mais doit-on être obligé d’acheter un programme pour comprendre un spectacle. Dans le cas de Mexicaña difficile pour le profane de profiter de chaque seconde du spectacle. Car s’il n’est pas très long dans l’absolu – 1h30 seulement avec entracte – il le paraît au final tant l’ensemble semble répétitif. Si les spécialistes devraient y trouver leur compte, ceux qui seraient venus pour découvrir les traditions mexicaines resteront sur leur faim.

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On aurait aimé que l’écran géant installé au-dessus des danseurs diffuse autre chose que des diapositives statiques de temps à autre, pour par exemple donner quelques indications sur l’interprétation à donner aux danses représentées sur scène. Au lieu de cela, nous avons eu le sentiment que l’ensemble de la technique mise en place autour des danseurs avait été un peu installée au hasard. Ainsi, les couleurs des lumières choisies ne correspondaient pas toujours à l’ambiance que les danseurs tentaient de faire ressortir…

Si chaque acte avait été clairement présenté au public, pas toujours constitué de spécialistes, voici donc ce qu’ils auraient pu y voir : une chorégraphie contemporaine inspirée des danses pré-hispaniques aztèques pour commencer, agrémenté de jets de flammes. Place ensuite aux danses « jarabes » de Michoacan.

La troisième séquence du spectacle est consacrée à la région de Tamaulipas. La danse populaire de cette région, le « Huapango » (qui signifie en langue nahuatl « sur les planches« ) se pratique sur une estrade qui permet d’accentuer la résonance du rythme marqué par les danseurs. Son accompagnement musical est toujours le même : un violon de fabrication rustique, deux guitares taillées en cèdre, une « huapanguera » à la tonalité grave et une « jarana » à la tonalité aiguë. Ce sont des sortes de guitares traditionnelles mexicaines. Pour cette séquence, la scène du Grand Rex a été entièrement couverte d’un plancher surélevé destiné à marquer d’un bruit chaque pas frappé par les danseurs sur le sol.

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L’hommage concerne ensuite la région de Sinaloa. Toujours dans un esprit festif, les mexicainss’y coiffent d’une bouteille pleine, le but étant bien sûr de ne pas la faire tomber tout en exécutant une série de figures. Viviana Sanchez nous a confié que l’invention était toute mexicaine. Celle-ci n’a pas vraiment d’objectif particulier, si ce n’est celui de s’amuser en faisant un peu n’importe quoi. En pratique, on joue donc un ensemble de sons réunis harmonieusement en montrant une série de numéros avec des bouteilles dans un laps de temps très court mais d’un point de vue rythmique sans perdre l’essence et la richesse de l’interprétation des ballets de la région côtière de Sinaloa. L’exécution de ces ballets est une démonstration de joie et de célébration à la fin de la journée de travail, avec la chaleur des verres et l’accompagnement musical et met en valeur l’habileté des jongleurs.

Place ensuite aux danses de la région de Chiapas, avant de s’attacher un instant à celles deVeracruz. En hommage à la ville, danseurs de claquettes, équilibristes et rythmes afro-cubainscomposent ce tableau.

Ce sont ensuite les danses des tarahumaras qui envahissent la scène. Ils sont un peuple natif du Mexique installé dans la région de Chihuahua, leur danse est une cérémonie pleine de symboles et la manifestation de leurs joies, leurs tourments, leurs prières et leur reconnaissance.

La région de Jalisco, dont la capitale est la fameuse ville de Guadalajara, est une terre de soleil au bord du Pacifique, à l’extrême ouest du Mexique. Le son de Jalisco est un pot-pourri de mélodies mondialement connues dont certaines venant de l’Espagne du 15ème siècle. Les danses métisses de Jalisco, les « jarabes », sont inspirées des danses espagnoles et mauresques. La musique de Jalisco est indispensable à la véritable fête mexicaine, en particulier le « jarabe tapatio » connu aussi sous l’appellation de « danse du sombrero« , ce fameux chapeau mexicain, et qui est aujourd’hui devenue la danse folklorique nationale.

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Avouons-le cependant, un hispanophone pourrait tirer quelque chose du spectacle que les autres auront l’impossibilité de détecter : les paroles des chansons parfois interprétées entre deux numéros dansés. Ces dernières datent de la révolution mexicaine (1910-1921) et sont également appelées « Corridos« . Elles nous présentent, en plus de quelques faits remarquables, les personnages importants de l’histoire mexicaine sous un jour plus humain et même parfois humoristique. Ces chants sont pleins de nuances et de mélodies sur les coutumes des Armées de la Révolution et sont interprétés au sein de Mexicaña par une célèbre chanteuse mexicaine.

Dates de la tournée française :

Deauville – CID : le 17 Janvier 2010
Bruxelles – Cirque Royal : le 2 Février 2010
Lille – Théâtre Sébastopol : du 3 au 4 Février 2010
Nantes – Cité des Congrès : du 6 au 7 Février 2010
Bordeaux – Théâtre Fémina : le 9 Février 2010
Le Mans – Palais des Congrès : le 10 Février 2010
Nancy – Salle Poirel : du 13 au 14 Février 2010
au à Paris, au Grand Rex, du 19 au 31 Janvier 2010

Article par Laetitia Bachellez
Photos par Alexandre Rosa et Stéphane Hacquin
Reportage par Stéphane Hacquin – Animateur : Alexandre Rosa

Publicado originalmente en TravelPics.fr

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